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Église Saint Martin

Église Saint Martin de Cliron

Souvenez-vous… Martin était ce soldat romain qui partagea son manteau avec un pauvre. Il lui en donna la moitié, non pas pour pouvoir continuer de se couvrir mais tout simplement parce que l’équipement d’un soldat appartenait pour une moitié à celui-ci et pour l’autre moitié à Rome.

L’église Saint-Martin est une église fortifiée, reconstruite en 1547, car il fallait bien en ces temps d’insécurité constante, où les hordes de pillards et autres Espagnols prenaient un malin plaisir à terroriser les populations civiles ardennaises, trouver un endroit pour se réfugier. Les villages qui n’avaient pas de place forte ont dû improviser et fortifier leur église.

Celle-ci est donc massive, présentant une tour carrée imposante percée d’ouvrages défensifs comme les meurtrières, canonnières et bretèches. Une bretèche se présente comme étant une portion de mâchicoulis, c’est-à-dire une avancée souvent placée au-dessus d’une ouverture pour pouvoir jeter des pierres sur les assaillants tout en restant protégé.

En pénétrant dans le donjon par un escalier très étroit, on est surpris de découvrir deux étages. Au dernier niveau, la présence d’une cheminée au conduit noirci reste le seul témoin de ces temps barbares. Un puits a été également retrouvé et bouché lors de travaux de reconstruction. Il était situé dans la nef. Il n’était pas rare non plus, de trouver un four à pain. C’est qu’il fallait bien survivre….

L’église fut notamment assiégée en 1643 et 1653 par les Espagnols lors des deux batailles de Rocroy. Imaginez un instant les villageois autour de ce feu, les femmes serrant leurs enfants contre leur poitrine, les hommes silencieux pour ne point montrer et transmettre leur peur, les flammes éclairant ces villageois rongés par l’angoisse.

Aujourd’hui, les meurtrières servent de refuge aux pigeons et les murs épais ont absorbé les hurlements de terreur des villageois d’une autre époque.

La nef de quatre travées avec ses bas-côtés est voûtée d’ogives. La troisième et la quatrième travée sont du XVIIème siècle, la quatrième est datée de 1622 à la clef de l’arc oriental.

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La cuve baptismale, en marbre noir, est datée de 1564, la sacristie de 1717.

L’autel Saint-Éloi portant la date de 1859, aurait été offert par les différents artisans peuplant le village.

La tour porche, percée de canonnières comme les bas-côtés, donne accès au comble refuge. Son clocher à meurtrières conservait la plus ancienne cloche du département (1358), Elle fut enlevée par les Allemands en 1917. Aujourd’hui, la cloche porte cette inscription :

« JE REMPLACE LA CLOCHE LEVEE EN 1358 par MARIE DE CLIRON FEME GERARD COULON PRISE PAR LES ALLEMANDS EN 1917 JE SUIS NOMMEE MARIE ET BAPTISEE EN 1921 PIERQUIN MAIRE FAVRE CURE » 


Travaux réalisés récemment :

  • 2006 : Restauration de la sacristie
  • 2007 : Peinture intérieure blanche
  • 2008 : Restauration des murs extérieurs
  • 2008 : Restauration de la toiture
  • 2009 : Rénovation des statues par les habitants du village
  • 2010 : Vitraux, créés par Bruno Pigeon, inaugurés le 25 septembre.

L’édifice est inscrit aux monuments historiques depuis 1927

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